Boursiers 2018-2019

Mahamadou DIALLO — Étudiant de 3e année du Baccalauréat en économie appliquée, il a reçu la bourse «ESF-Sylvain St-Amand», d’une valeur de 1000 $. Ayant perdu son père qui l’aidait à financer ses études à l’UQAM (qui lui coûtent quelque 20 000 $ par année), il se trouvait au plus bas lorsque Études sans frontières, section Québec lui a remis sa bourse. Une bourse quel qu’en soit le montant, n’est pas seulement un soutien financier, mais une reconnaissance du travail accompli et un encouragement à poursuivre et terminer son programme. Ce qu’il a fait avec succès !

Mahamadou souhaite contribuer au développement de son pays, en montant une entreprise de commercialisation et de distribution de produits alimentaires à bas prix, dans un pays parmi les plus pauvres de la planète — le Niger — où la famine, de nombreux coups d’État, un niveau de scolarisation très faible et des groupes, tel Boko Haram, terrorisent la population et déstabilisent les échanges socio-économiques de la région.

Gillis Delmas TCHOUANGUE DINKOU — Natif du Cameroun, il a reçu la bourse d’exonération des frais de scolarité à la maîtrise UQAM-ESF-Qc, à l’hiver 2019. Il a complété des études à l’Université de Yaoundé avant de s’inscrire à l’UQAM, où il a terminé sa scolarité de maîtrise en mathématiques statistiques; il est présentement en rédaction de mémoire qu’il doit terminer à l’automne 2019, sous la direction du professeur Karim Oualkacha.

Son projet de recherche vise à élaborer une méthode statistique plus fine que celle utilisée couramment par les statisticiens, pour pouvoir travailler au recensement éventuel des populations éparses, délogées de leur habitat naturel dans l’Ouest du Cameroun par des mouvements sécessionnistes qui visent la partition de la partie occidentale anglophone du Cameroun, qui borde le Nigeria anglophone.

Ces groupes armés sont pourchassés par l’armée camerounaise qui assimile leur action à du terrorisme, de sorte que la région nord-ouest et sud-ouest du Cameroun vit un épisode de «guerre» qui terrorise la population; celle-ci, démunie, s’est réfugiée dans les forêts et vit de façon précaire. Gillis Delmas a déjà contacté des ONG de son pays et souhaite étendre son réseau auprès de la communauté internationale pour monter un projet de recherche, recensement, réinstallation et suivi de ces populations délogées et abusées physiquement et psychologiquement, par la situation de guerre actuelle.

Asma BOUSHIH — Tunisienne d’origine, elle a reçu la bourse d’exonération des frais de scolarité à la maîtrise UQAM-ESF, en mai 2019. Ingénieure diplômée de l’Institut national des sciences appliquées et de technologie (INSAT) de l’Université de Tunis, Asma est très impliquée dans son projet de recherche en chimie à la Faculté des sciences de l’UQAM.

De grande portée pour la santé des populations vivant sous les latitudes chaudes comme celles du continent africain, le projet sur lequel elle travaille au laboratoire de chimie vise à développer un indicateur de temps et température pour les médicaments et les aliments soumis à la «chaîne du froid» pour maintenir leur innocuité. Cet indicateur, qui pourra être collé sur les emballages des vaccins ou les boîtes contenant poissons, fruits de mer, etc., changera de couleur si la température limite pour leur conservation a été dépassée. Il informerait du parcours complet du produit, du fabricant jusqu’au magasin ou marché où il sera vendu.

Asma considère que cet indicateur pourrait contribuer au mieux-être des Tunisiens et possiblement à sauver des vies car les médecins auraient l’historique complet depuis la production des vaccins à l’étranger jusqu’à leur livraison au pays. La Tunisie, précise-t-elle, connaît une crise du secteur de la santé depuis les manifestations qui ont mené la chute du dictateur Ben Ali en 2011, qui ont provoqué une cascade de soulèvements populaires en Afrique et au Moyen-Orient, surnommés « printemps arabe ».